En fonctionnement, les dépenses ont atteint 37,7 millions d’euros soit une progression de 8 millions par rapport à 2022. Les investissements ont bondi de 29,8 millions d’euros pour atteindre 39,7 millions d’euros.
Les recettes se sont élevées à 236 835 000 d’euros soit une progression de 12 millions d’euros par rapport à l’année antérieure et une exécution supérieure à 3,545 millions d’euros par rapport au budget prévu. Cette hausse est le résultat de la subvention de l’Etat supplémentaire arrivée en fin d’année.
Dans un environnement soumis à la serpe du ministère de l’économie, la bonne nouvelle réside dans la progression des autres ressources notamment les recettes liées à la formation en apprentissage qui atteint 6,2 millions d’euros, en progression de 17% ou encore la formation tout au long de la vie.
Après une année 2022 difficile, l’Université retrouve des signaux positifs, un poids des charges, des dépenses de personnel qui redescend en dessous du seuil de vigilance (82%) et de fait du seuil d’alerte (83%) pour retrouver un taux jamais atteint depuis 2019 (79,87%). On ne sait pas si ce taux est le taux du bonheur au travail tant cela a visiblement entrainé une augmentation de la publication d’emplois contractuels.
Au-delà du satisfecit comptable, ce bon résultat a une conséquence directe pour les agents avec une stagnation de la politique indemnitaire, une absence de perspectives pour nombre d’agents contractuels et des pratiques de rémunération trop hétérogène. L’ouverture du chantier de l’emploi contractuel biatss est en ce sens une bonne nouvelle.
Pour aller plus loin, la variation excédentaire de la subvention de l’Etat de 3,410 millions d’euros doit être l’occasion de mettre en place la revalorisation indemnitaire des personnels Biatss et de proposer dans le cadre de la négociation collective proposée par l’Unsa, la FSU et la CFDT, une véritable reconnaissance des agents non-fonctionnaires de notre établissement.
Le compte financier nous indique également que le résultat sur le budget principal est positif de 6,7 millions d’euros et un résultat positif au final de 3,6 millions d’euros sur le budget consolidé (y incluant le budget relatif à l'immobilier).
Ainsi la simple reconduction en compte de report de 6,7 millions sur le budget principal n’est pas satisfaisante, nous aurions largement préféré qu’une partie de ce bon résultat soit dès ce conseil d’administration affecté à une amélioration du pouvoir d’achat des personnels et une meilleure prise en compte des carrières.
C’est donc un compte financier paradoxal et à rebours des discours alarmistes de quelques-uns car plusieurs chiffres illustres une gestion particulièrement saine de notre établissement : notre capacité d’autofinancement qui passe de 2,5 millions d’euros à 8,99 millions d’euros pour atteindre, le fonds de roulement est maintenu à 40,4 millions d’euros même si les engagements pluri annuels représentent 81% du fonds de roulement et l’établissement possède une trésorerie de 113 jours (15 jours minimum imposés par le Ministère).
Ajoutons à cette présentation, une approche plus politique.
L’équipe en place a montré sa capacité à mener une gestion rigoureuse des finances de l’Université, à porter des projets importants en termes immobilier prenant en compte notre pluridisciplinarité et à soutenir avec succès des appels à projet d’envergure internationale.
Pour autant, le fonctionnement des services, notre politique d’emploi, les conditions de travail des personnels administratifs et techniques, enseignants et chercheurs subissent encore trop souvent les conséquences de modes de fonctionnement dégradés liées en partie aux incertitudes dans les financements de l’Etat.
Une véritable réflexion sur notre organisation, nos choix de fonctionnement, une priorisation qui ne se limite pas la mobilisation des ressources pour des projets ponctuels, certes motivants, mais qui renforcent les situations de précarité.
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